Ordres de grandeur · énergie absorbée par l'océan
L'analogie « bombe d'Hiroshima »
1 bombe Hiroshima = 62,76 TJ (6,276 × 10¹³ J). Chaque « bombe » du labo désigne une quantité d'énergie thermique absorbée par l'océan, pas une explosion.
L'analogie est répandue dans la vulgarisation climatique (Lyman 2010, Hansen, Cheng, Abraham…) pour rendre lisibles les zettajoules du réchauffement océanique.
Du déséquilibre radiatif (W/m²) au ZJ/an
L'EEI (Earth Energy Imbalance) mesure l'écart net entre l'énergie solaire absorbée et l'énergie renvoyée vers l'espace, en watts par mètre carré de surface terrestre. Il résulte des forçages (gaz à effet de serre, aérosols) diminués de la réponse du climat ; sa hausse récente tient aussi à une baisse de la réflexion par les nuages et la glace de mer (Loeb et al. 2021). Multiplié par la surface de la planète (~5,1 × 10¹⁴ m²) et par la durée d'une année, il donne l'énergie excédentaire totale, dont environ 91 % est absorbée par l'océan (AR6, inventaire 1971–2018 : océan 91 %, continents 5 %, glaces 3 %, atmosphère 1 %).
Les valeurs du tableau ci-dessous s'appuient sur les reconstructions OHC publiées (IAP/CAS).
Taux (ZJ/an), pas stock cumulé
Le labo affiche un taux d'absorption annuel, pas le stock total de chaleur emmagasinée depuis 1960.
Tableau de référence
| Année | EEI, tendance 20 ans (W/m²) | OHC 0–2 000 m, tendance 20 ans (ZJ/an) | EEI→ZJ modèle | Bombes/s | Bombes/h |
|---|
* 2026 : projection.
Formules du moniteur et du tableau de bord
- bombes/heure = ZJ/an × 1 810,75
- bombes/seconde = bombes/heure ÷ 3 600
- joules/an = ZJ/an × 10²¹
Le sélecteur d'unités sur « L'ampleur » applique ces conversions à la courbe sans modifier les données sources.
À ne pas confondre : ~90 % du rayonnement solaire qui atteint la surface océanique y est absorbé. Les ~91 % ci-dessus concernent la répartition du surplus climatique.
Fiche référence · de W/m² aux bombes/s
Une même chaîne physique relie le bilan radiatif solaire, le déséquilibre actuel et la cadence en équivalents Hiroshima.
Chaîne énergétique
Par rapport à la consommation humaine
Source conso. : IEA Global Energy Review 2024-2025, ~0,65 ZJ.
Données OHC (1980–2026)
Dernière année complète : 2025. L'IAP/CAS estime un gain de +23 ± 8 ZJ dans les 2 000 premiers mètres, tandis que la série annuelle NOAA/NCEI donne +22,17 ZJ entre 2024 et 2025. Les deux confirment un stock de chaleur record, selon leurs reconstructions respectives. Pan et al., 2026 · données annuelles NOAA/NCEI.
La courbe principale montre la pente glissante sur 20 ans (moindres carrés, même série IAPv4.2 chaque année) : ce lissage met en évidence la tendance de fond et atténue la variabilité El Niño / La Niña. Le gain d'une année reste un chiffre distinct, sensible à l'ENSO. 2026 est une projection : 12,2 ZJ/an, pas une mesure.
En 2025, la tendance lissée sur 20 ans est de 11,72 ZJ/an (≈ 371 TW). La série affichée donne un gain annuel de 22,9 ZJ ; Pan et al. (2026) publient environ 23 ± 8 ZJ entre 2024 et 2025. Ces chiffres décrivent un gain annuel, distinct de la tendance lissée.
Sur 2021–2025, les cinq gains annuels IAP/CAS font en moyenne 17,22 ZJ/an. Cette moyenne courte reste influencée par l'ENSO et les révisions des reconstructions ; la courbe retient la pente sur 20 ans pour comparer les années sans confondre fluctuation et accélération de fond.
Actualité vérifiée · bulletin C3S de juillet 2026
Record de température de surface des océans en juillet 2026
Selon le bulletin mensuel de Copernicus (C3S), la température de surface de l'océan extra-polaire (60°S–60°N) a atteint 20,96 °C en juillet 2026, record pour un mois de juillet (précédent : 20,89 °C en 2023). L'air à la surface du globe était à 16,90 °C, soit 1,47 °C au-dessus de 1850–1900. Ce record prolonge celui de juin : le 21 juin, Copernicus Marine relevait déjà environ 21,0 °C dans ses données journalières.
Cette actualité sert de contexte et de signal d'alerte pour la campagne, mais elle ne modifie pas directement la série OHC du labo : la SST mesure la surface, alors que l'OHC mesure l'énergie stockée dans la colonne d'eau. La mise à jour des points d'ancrage OHC attend une publication ou un jeu de données homogène équivalent.
- Sources primaires : Copernicus C3S, bulletin de juillet 2026 ; Copernicus C3S & Copernicus Marine, 1er juillet 2026 (records de juin).
- Relais presse francophones (record de juin) : RTS, La Croix, franceinfo, GEO.
Contrat des métriques utilisées
Chaque chiffre du labo appartient à une famille de mesure précise. Cette table indique ce que nous pouvons mettre à jour immédiatement, et ce qui exige une publication homogène avant de modifier le modèle.
| Métrique | Ce que ça mesure | Source / statut | Effet sur le modèle |
|---|---|---|---|
| SST | Température de surface de l'océan, signal rapide de la peau océanique. | Copernicus, bulletin de juillet 2026 : 20,96 °C, record pour un mois de juillet (précédent : 20,89 °C, 2023) ; pic journalier de 21,0 °C le 21 juin. | Contexte et alerte ; ne recalibre pas l'OHC/ZJ. |
| OHC | Énergie stockée dans la colonne d'eau, exprimée ici en ZJ/an. | IAP/CAS, NOAA/NCEI, Copernicus ; 2025 publié, 2026 projeté. | Modifie les bombes/s seulement avec une nouvelle série OHC homogène. |
| EEI | Déséquilibre énergétique terrestre en W/m². | Repères physiques et scénarios ; 2026 ordre de grandeur. | Alimente les projections et l'ordre de grandeur EEI → ZJ. |
| CO₂ | Concentration atmosphérique, moteur du forçage radiatif. | NOAA GML / Mauna Loa ; 2026 extrapolé. | Explique la tendance, ne fixe pas directement l'OHC annuel. |
| Bombes/s | Conversion pédagogique du taux OHC en énergie par seconde. | Dérivé interne : OHC × conversion 62,76 TJ. | Change uniquement si OHC ou convention de conversion change. |
Incertitudes
Le moniteur et le tableau de bord affichent ± 8 ZJ pour le gain de contenu thermique océanique entre 2024 et 2025, publié par IAP/CAS. Cette marge accompagne ce résultat précis ; elle n’est pas étendue aux autres variations annuelles, à la tendance glissante sur vingt ans ni à la projection 2026.
Que recouvre le ± 8 ZJ publié ?
Pan et al. (2026) rapportent une hausse d’environ 23 ± 8 ZJ du contenu thermique des 2 000 premiers mètres entre 2024 et 2025, selon IAP/CAS. Les reconstructions d’OHC s’appuient sur des profils de température in situ et des méthodes de couverture spatiale et de grilleage. Ces difficultés aident à comprendre les incertitudes de mesure ; elles ne permettent pas d’attribuer au ± 8 ZJ une décomposition que l’article ne précise pas ici.
- Couverture spatiale incomplète : réseau Argo dense depuis ~2007, mais zones polaires, marges continentales et profondeurs > 2 000 m restent moins bien échantillonnées ; période pré-Argo plus éparses.
- Biais d'instruments et homogénéisation : corrections des sondes XBT/MBT historiques, calibrage Argo, choix de la ligne de base (climatologie de référence).
- Grillage et infilling : méthodes différentes pour combler les trous océaniques (interpolation, modes empiriques, reanalyses).
- Définition du taux annuel : l'OHC est un stock ; le « ZJ/an » affiché ici est la différence entre deux moyennes annuelles successives d'un même fichier (IAPv4.2, millésime janvier 2026). Chaque nouveau millésime révise les années passées : on ne mélange jamais deux millésimes dans une même série.
IAP/CAS, NOAA/NCEI et Copernicus
Ce labo compare les produits IAP/CAS, NOAA/NCEI et Copernicus, qui partagent une partie des observations mais diffèrent par leurs traitements et leur couverture. La valeur ± 8 ZJ citée ici vient de l’estimation IAP/CAS du gain 2024→2025 ; elle ne constitue ni une marge commune à ces catalogues ni une fusion statistique de leurs résultats.
Ce que fait cet outil
Pour 2025 seulement, le badge, la barre et les équivalents énergétiques reprennent la marge publiée de ± 8 ZJ sur le gain 2024→2025. Les autres années et la projection 2026 n’affichent pas cette marge.
L’absence de barre pour une autre année signifie que cette page ne lui attribue pas l’intervalle publié pour 2024→2025. Elle ne signifie pas que les autres estimations sont dépourvues d’incertitude.
À ne pas confondre : l'incertitude CO₂ (courbe Mauna Loa du tableau de bord) est négligeable à l'échelle affichée ; les notes « année interpolée » signalent une estimation entre ancres OHC, pas une marge ± ZJ.
Effets physiques associés (2023+)
La section « Effets physiques associés » du moniteur n'affiche pas des mesures directes en temps réel. Elle résume des effets physiques attendus quand le stockage de chaleur océanique s'accélère fortement (2023 et au-delà), dont la désoxygénation liée à la stratification.
Expansion thermostérique
L'eau dilatée par la chaleur occupe plus de volume. Une part importante de l'élévation du niveau marin actuel provient de ce mécanisme, en plus de la fonte des glaciers et calottes. Un surplus OHC élevé renforce ce signal.
Stratification et asphyxiation
La couche de surface se réchauffe et devient plus stable au-dessus de l'eau froide profonde. Le mélange vertical diminue, ce qui limite l'apport d'oxygène vers les profondeurs, un risque pour la vie marine et les cycles biogéochimiques.
Ces signaux s'enchaînent : plus de chaleur en surface → expansion thermique et montée du niveau marin ; stratification renforcée → moins d'oxygène en profondeur. Le labo les résume qualitativement à partir de 2023.
Les libellés « Élevée » / « Renforcée » sont qualitatifs et dépendent de l'année sélectionnée sur le curseur (seuil 2023+).
Bilan radiatif (page dédiée)
Valeurs pédagogiques arrondies en W/m², inspirées de Stephens et al. (2012), CERES-EBAF et IPCC AR6 (FAQ 1.1).
Équilibre : ~340 entrants ≈ ~100 réfléchis + ~239 IR vers l'espace. Les ~240 W/m² absorbés chauffent la planète, qui réémet en infrarouge jusqu'à rétablir l'équilibre.
CO₂ et couches : le CO₂ est bien mélangé (~427 ppm en 2025, sur toute la hauteur). L'effet sur la température diffère selon l'altitude : refroidissement relatif en stratosphère, réchauffement en troposphère et en surface.
Projections & scénarios SSP (AR6)
La page « Projections » utilise un modèle énergétique 2 réservoirs (surface + océan). Le point de départ 2025 est observé : GMST 1,39 °C (Forster et al. 2026), EEI 1,12 W/m² (moyenne 2013–2025), soit ~16,4 ZJ/an pour l'océan entier dans le modèle.
Scénarios SSP : forçages radiatifs par ancres (inspirés AR6 WG1 / ScenarioMIP). Les forçages en 2050 et 2100 sont ajustés pour que la GMST retrouve les meilleures estimations du tableau SPM.1 de l'AR6 sur 2041–2060 (1,7 / 2,0 / 2,1 / 2,4 °C) et 2081–2100 (1,8 / 2,7 / 3,6 / 4,4 °C). Le modèle utilise des paramètres physiques publiés (sensibilité climatique 3 °C, AR6 ; couplage avec l'océan profond, Geoffroy et al. 2013), et les forçages obtenus en 2100 (2,8 / 4,9 / 7,2 / 9,0 W/m²) restent proches des niveaux nominaux des scénarios. Les trajectoires intermédiaires, EEI et OHC affichés sont des ordres de grandeur du modèle 2-réservoirs, non validés contre ScenarioMIP.
Scénario ZEC : les émissions anthropiques de CO₂ sont mises à zéro en 2025, puis le modèle prescrit le forçage. Le panneau compare ses ordres de grandeur sur plusieurs décennies à la synthèse ZECMIP (MacDougall et al. 2020) et à l'évaluation AR6. Le modèle ne simule explicitement ni le cycle du carbone ni les autres agents de forçage ; cette comparaison ne rend pas les expériences identiques.
Ce que le modèle ne fait pas
- Pas d'import des séries temporelles CMIP6 brutes, synthèses pédagogiques uniquement : ZECMIP (percentiles ΔGMST) et repères GMST ScenarioMIP/AR6 (filigrane sur le graphique).
- Pas de cycle du carbone interactif, d'aérosols, d'ENSO ni de calottes.
- « Réservoir océan » = variable du modèle, pas une mesure in situ (Argo/IAP).
SSP5-8.5 reste une borne haute illustrative (AR6) ; les scénarios CMIP7 seront intégrés à l'approche de l'AR7 (~2029).
CO₂ et tendances · vers 2050
Les courbes projetées affichent un taux d'absorption (ZJ/an), pas le stock cumulé. Trois méthodes sont proposées (EEI prolongé, modèle 2-réservoirs, extrapolation récente). La fourchette illustrative ombrée relie une borne basse (SSP2-4.5, 2-réservoirs) à une borne haute (tendance linéaire 2019–2026). Elle est distincte de l'intervalle publié ±8 ZJ pour le gain OHC 2024→2025. Le curseur ne dépasse pas 2026 : seules les courbes et la zone ombrée prolongent l'affichage. L'inertie thermique détaillée (ZEC, décalage surface/océan) reste sur la page Projections.
Chronologie 1957–2025 · CO₂ et tendances · Explorer les projections
Strates bathymétriques
Répartition cumulée du réchauffement depuis 1960 : 40 % (0–300 m) · 23 % (300–700 m) · 29 % (700–2 000 m) · 8 % (> 2 000 m).
La simulation par strates sur la page « Mécanismes » applique un facteur de pénétration thermique croissant avec le temps pour les couches profondes (inertie océanique).
Le réchauffement océanique varie selon la profondeur. La circulation redistribue une partie de la chaleur de surface vers les couches profondes sur des échelles de plusieurs décennies à plusieurs siècles. L'ajustement complet de l'océan à l'atmosphère peut prendre des siècles à des millénaires. La limite de 700 m sert à analyser les couches observées ; ce n'est pas un temps de transit universel. Le réchauffement peut se poursuivre après une baisse des émissions ; son ampleur dépend des émissions cumulées et de la circulation. GIEC AR6, chapitre 1 · chapitre 9.
Deux references, une divergence
Le contenu thermique de l'ocean n'est pas mesure directement : il est reconstruit a partir de sondes, par des methodes de cartographie qui different d'un institut a l'autre. Deux references mondiales font autorite, l'IAP/CAS et la NOAA/NCEI. Elles ne donnent pas les memes chiffres.
Ce tableau porte l'enseignement principal de ce labo : les deux références divergent fortement sur une année isolée, jusqu'à près de 10 ZJ d'écart, et convergent sur la tendance de vingt ans, à environ 7 % près (même estimateur des deux côtés : pente 2006–2025). Une variation annuelle n'est donc pas un signal climatique : c'est une mesure bruitée par la variabilité naturelle et par la méthode de reconstruction. C'est pourquoi le chiffre mis en avant ici est une moyenne, pas un record.
Sources : IAP/CAS via la chaine de calcul de l'Observatoire, et NOAA/NCEI, contenu thermique 0-2000 m, moyennes annuelles mondiales (fichier h22-w0-2000m).
Limites de l'analogie
L'équivalent « bombe » quantifie une énergie thermique stockée ou absorbée, pas un événement explosif. L'analogie vise la lisibilité des zettajoules ; elle ne préjuge ni de la géographie, ni de la vitesse, ni de la forme de répartition de cette chaleur dans l'océan.
Revoir l'introduction sur le choix de cette unité pédagogique.